ACTUALITéS

Après les combats, le retour aux champs à Masisi

13 Juil 2026  ·  copad

Après les combats, le retour aux champs à Masisi

Dans le Groupement de Kamuronza, au cœur d’une région profondément meurtrie par les conflits armés, l’espoir renaît là où on ne l’attendait plus. Des centaines de familles, chassées de chez elles par la guerre, ont choisi de ne plus subir leur sort. À Burora, près de Sake, elles reprennent leur destin en main en transformant des terres autrefois hostiles en véritables poumons nourriciers, portées par l’accompagnement stratégique de l’organisation COPAD Grands Lacs.

Choisir la terre plutôt que la résignation
Pour les déplacés de guerre du groupement de Kamuronza, la vie dans les camps de fortune est synonyme de précarité extrême et de dépendance humanitaire. Face à cette impasse, une vague de résilience a poussé des centaines de ménages à regarder vers l’avenir. Leur choix ? Retourner vers la terre, même si celle-ci se trouve à la lisière des zones de combat d’hier.

À Burora, une localité située à proximité stratégique de la cité de Sake, des marais à l’abandon depuis des années sont devenus le théâtre de cette renaissance. Longtemps considérées comme incultivables car constamment gorgées d’eau, ces étendues sauvages représentent aujourd’hui la promesse d’une autonomie retrouvée.

Le génie agricole du COPAD Grands Lacs au service de la résilience
Le courage de ces populations a trouvé un écho crucial dans l’intervention de l’ONG COPAD Grands Lacs (Collectif des Organisations des Producteurs Agricoles et d’Élevage du Congo). Consciente que la bonne volonté ne suffit pas face à la complexité technique des sols marécageux, l’organisation a déployé d’importants moyens techniques et structurels.

Le travail s’articule autour de trois axes majeurs :

Le drainage et la maîtrise de l’eau : Des canaux de drainage ont été creusés pour évacuer le trop-plein d’eau des marais, stabilisant ainsi le niveau de la nappe phréatique pour rendre le sol arable.

La réhabilitation des terres : Les équipes du COPAD, main dans la main avec les communautés locales, ont nettoyé et restructuré des hectares de friches envahies par la végétation sauvage.

La distribution d’intrants et d’outils : Les familles ont reçu des semences à haut rendement (maïs, amarantes, choux, haricots) et les outils aratoires nécessaires pour entamer les cycles de production.

« Reconstruire l’agriculture locale, ce n’est pas seulement produire de la nourriture. C’est restaurer la dignité d’un peuple qui a tout perdu, en lui redonnant les moyens de se nourrir par son propre travail. Note d’intention du COPAD Grands Lacs.

Recréer un écosystème économique local
Quelques mois après le début des travaux, le paysage de Burora a radicalement changé. Les premiers carrés de maïs et de légumes verdissent à perte de vue. Ce retour aux champs a un impact immédiat et vital :

Sécurité alimentaire d’urgence : Les familles déplacées ont désormais un accès direct à des denrées fraîches et nutritives, réduisant la malnutrition qui frappe durement les enfants de la région.

Relance des marchés : Les surplus de production commencent à alimenter les marchés environnants, notamment celui de Sake, contribuant à faire baisser le prix des produits de première nécessité.

Cohésion sociale : Autour de ces projets agricoles communautaires, les déplacés et les populations d’accueil réapprennent à collaborer, tissant à nouveau les liens sociaux brisés par les déplacements massifs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus dans Actualités